
Les professionnels de santé sont appelés à faire grève jusqu’au 2 décembre, afin de protester contre la réforme de leurs tarifs. Pour rappel, son entrée en vigueur a été ajournée à 2019 par le gouvernement qui souhaite y inclure le «reste à charge zéro».
Les Français pourraient éprouver quelques difficultés à décrocher un rendez-vous chez le dentiste cette semaine. À l’appel de deux syndicats, l’Union dentaire (UD) et la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), les professionnels sont en effet invités à fermer les portes de leur cabinet, jusqu’au samedi 2 décembre. Les patients, eux, sont encouragés à se tourner vers les hôpitaux, en cas d’urgence.
L’objectif? Il reste identique depuis la dernière mobilisation, le 13 juin dernier: protester contre la réforme des tarifs. Prévue par le règlement arbitral imposé par le précédent gouvernement – après l’échec des négociations tarifaires entre les syndicats et l’assurance maladie -, elle devait initialement entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2018. Le nouvel exécutif l’a néanmoins reporté à 2019, permettant ainsi une réouverture des négociations conventionnelles avec l’assurance maladie, le 15 septembre dernier.
Les salariés peuvent aussi souscrire une assurance santé appelée « sur-complémentaire ».
Dans les faits, ce projet prévoit un plafonnement des tarifs des prothèses (couronnes, bridges, implants), en échange de revalorisation des soins conservateurs, comme le détartrage. Pour rappel, ces tarifs n’avaient pas été revus depuis trente ans. Les dentistes contestent ardemment cette réforme. Ils expliquent que ce sont les soins réalisés avec prothèses, qui leur rapportent le plus d’argent et leur permettent ainsi de rentrer dans leurs frais. «On tourne en rond sur la négociation», soutient Catherine Mojaïsky, présidente de la CNSD, au Figaro. «Le financement reste insuffisant: 800 millions sur quatre ans, alors qu’il nous faut 2 milliards d’euros». «On sent quand même une volonté d’écoute de la part du directeur général de l’assurance maladie», tempère Pierre Schmidt, secrétaire général adjoint à l’Union dentaire.
«La moitié des cabinets fermés»
Autre point de crispation majeur: «le reste à charge zéro» d’ici 2022. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a précisé les contours de cette promesse présidentielle, mardi dernier. Il ne s’agirait pas de tout rembourser, quel que soit l’acte, mais d’établir «un panier de soins». Pour la présidente de la CNSD, cette question pourrait bien «faire échouer» les discussions. «80% de nos actes sont déjà concernés par le reste à charge», affirme-t-elle. «Le problème, c’est qu’à chaque fois que le reste à charge a été appliqué à une prestation, le tarif pratiqué pour celle-ci était trop bas pour les professionnels». Craignant une absence de compensation, les syndicats demandent ainsi la revalorisation de certains actes, comme les soins préventifs et la chirurgie. «On a appris à sauver les dents», martèle Pierre Schmidt. «Prendre en charge une pathologie de carie en amont, c’est éviter les prothèses, qui constituent un échec des soins. Le patient sera gagnant».